Il y avait longtemps que je n’avais pas posté d’interview Ecobo. Aujourd’hui la parole est à Sophie, ancienne collègue, très écobo et même plus ! Elle est notamment à l’origine de la création d’une AMAP à Boulogne Billancourt et réfléchit au quotidien pour minimiser son impact. Respect !
D’abord peux-tu te présenter ? Histoire que l’on sache qui parle..
Sophie, 35 ans – mais je ne les fais pas
– j’ai grandi principalement en Bretagne et dans la région Lyonnaise. J’ai passé ma vie professionnelle à l’étranger pour finalement revenir en France il y a un an. Histoire de cœur !
Depuis quand es-tu écobo ?
J’ai toujours été fascinée par la nature, et puis je me suis intéressée à sa préservation, pour passer ensuite à l’aspect local des choses et de la société. Je suis donc tombée dans l’ecobo pour de bon il y a 2 ans.
Est ce que ta conversion est due à un déclic ? Un ras le bol ? par effet de mode ? Peux-tu nous raconter ce qui t’a fait passer du coté vert de la vie ?
Mon passage vers le coté vert de la force est lié à la conjonction de plusieurs facteurs.
Le premier est clairement la volonté d’avoir un impact positif au travers de mon activité professionnelle. Adieu donc au monde de la finance et de la banque … et des gros chèques en fin de mois !
Le deuxième est le rapport aux choses. En passant d’un mode d’« acheteur » où tout bien ne représente qu’une transaction monétaire, à un mode de « contributeur » où l’achat est un engagement et un vote.
Oui je sais, ca devient philosophique ! Mais c’est vraiment sain et épanouissant de s’intéresser aux choses que l’on acquière, aux femmes et hommes qui y sont à l’origine et de s’impliquer. Elles en prennent une toute autre valeur, une toute autre dimension, et ca, c’est très agréable. On se sent également moins mouton, on fait des choix, on ne subit pas juste la machine du rendement à tout prix, on réfléchit aux choses et on décide ou non de les soutenir.
Quel a été ton premier geste ?
Moins acheter ! Le questionnement de l’achat est probablement à la source … « est-ce que j’en ai vraiment besoin ? ». Cette question a dérivé sur « quel plaisir j’en tire vraiment », à « mais c’est quoi exactement ce machin ? De quoi est-ce qu’il est composé ? Comment et où est-il fait ?», puis à « je n’achèterai que si je cautionne ».
Etre Ecobo c’est aussi vivre avec son temps, et assumer ses contradictions ! De quelle chose / habitude que tu as et dont tu sais qu’elle n’est pas écobo ne pourrais-tu pas te passer ? Une mauvaise habitude de pollueur?
Non, non, non ! Je ne suis pas parfaite et le rappelle souvent !
Ma plus mauvaise habitude c’est la cigarette. Seulement 5 par jours au max ! Mais j’en suis un peu honteuse.
Etre Ecobo c’est tenter de nouvelles choses, pas forcément couronnées de succès. As-tu déjà connu des fiascos écobo ? Accepterais-tu de nous les raconter ?
Je n’ai pas en tête de fiasco particulier. Par contre je pense que l’erreur que j’ai commise au début c’est de vouloir m’attaquer à tous les fronts en même temps. Et la …
c’est le drame ! Revoir son mode de vie d’un seul coup ce n’est pas possible! En tous les cas pas pour moi.
J’ai donc révisé ma copie et ai commencé par les produits d’entretiens, pour passer aux déchets, aux transports, à la nourriture, et mon prochain : l’habillement ! Le but est donc de défricher les gros postes de consommation un à un, en gérant les exceptions, hi-fi ou canapé, au cas par cas.
Est ce que devenir écobo a compliqué ta vie ?
Comme tout changement le début était un peu déroutant car on doit remettre en cause ses mauvaises habitudes. Mais je pense qu’être écobo a rendu ma vie plus belle ! Mes actes ont plus de sens car réfléchis et convaincus, j’ai une conscience plus claire et affirmée, et je me sens plus intégrée dans le tissu local.
Tu es seul dans ton défi ou ta moitié s’y met aussi ?
Ma moitié partage, il est très tourné bio. C’est d’ailleurs lui qui m’a acheté mon premier dentifrice bio… je ne savais même pas que cela existait.
Quel serait le changement radical le plus fou que tu souhaiterai faire mais que tu n’oses / peux pas ?
Pas de radicalisme chez Sophie !
Juste une volonté de faire évoluer les choses dans le sens du respect des hommes et de l’environnement, l’un ne va pas sens l’autre.
Enfin comment as-tu connu écobo ?
Par Blandine avec laquelle je travaillais !!! Trop facile comme question.
Merci Sophie pour ta spontanéité ! A bientôt sur ces pages pour partager ton expérience d’AMAPeuse ? (AMAPienne ? AMAPiste ?)
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