Interview Ecobo : Wilou
Aujourd’hui la contribution de Wilou, avec qui je ne pensais pas un jour discuter de disque dur SSD et autres innovations écolo-geek ! Et un Wilou que je n’imaginais pas si bavard sur le sujet !
Attention vous avez de la lecture !!!
D’abord peux-tu te présenter ? Histoire que l’on sache qui parle…
Euh, je m’appelle William, j’habite en région parisienne et je travaille dans l’informatique.
Depuis quand es-tu écobo ?
Je ne suis pas un puriste, donc je ne me qualifierais pas d’Ecobo, mais je suis assez sensible au développement durable. (NDB: pas besoin d’être puriste pour être écobo hein !)
A quoi ta conversion est-elle due ? Un déclic ? un ras le bol ? par effet de mode ?
Etant enfant, j’ai passé la majorité de mes vacances chez ma tante qui est agricultrice et éleveur(se?) dans une vieille ferme. Autant dire que c’était roots (pas de toilette pendant longtemps, par exemple). C’est là je crois que j’ai vraiment compris qu’il faut peu de chose pour vivre bien et que le luxe n’est pas une finalité en soi, surtout quand on a la chance de manger des produits locaux, des fruits et légumes du jardin, de partir à la chasse aux mûres, aux noisettes, … Vivre sans chauffage, avec juste une cheminée ne me fait pas peur en somme. Ça réduit la dépendance psychologique à la notion du tout confort.
Un deuxième point important je pense, est que ma vision de l’écologie reste floue, sachant que personne ne maîtrise vraiment les impacts d’une mesure écologique. Je préfère donc baser mes comportements sur la réduction de mes besoins (lampe à économie d’énergie, multiprise avec interrupteur, douche plutôt que bain, peu de chauffage l’hiver, bonnes pratiques en matière d’informatique industrielle, …)
Peux-tu nous raconter ce qui t’a fait passer du coté “vert” de la vie ?
Ce qui me fait passer du côté vert sur certains aspect, c’est la conviction que c’est un bon comportement. Et plus encore même si je ne suis pas un très bon élève, le fait que tout le monde est vraiment gagnant à adapter toutes ses consommation à un besoin juste. Inutile de laisser son ordinateur, sa freebox ou autre allumé 24h/24. (NDB: on est bien d’accord !)
Quel a été ton premier geste ?
C’est mon amie qui a fait mon premier geste : acheter des ampoules basse consommation. Ensuite j’ai mis des multiprises avec interrupteur. Le fait de réduire au maximum le chauffage me vient de l’époque où j’étais en cité universitaire : à la rentrée, je n’allumais pas le chauffage et je dormais en doudoune pour laisser les autres chauffer. Finalement, je me suis aperçu qu’on peut être bien chez soi en pull plutôt que surchauffer pour se balader en string à paillettes.
Etre Ecobo c’est aussi vivre avec son temps, et assumer ses contradictions ! De quelle chose / habitude que tu as et dont tu sais qu’elle n’est pas écobo ne pourrais-tu pas te passer ? Une mauvaise habitude de pollueur?
Le pire c’est bien sûr la voiture que j’utilise pour aller travailler. Je pourrai m’en passer, j’attends la fin de la construction du tram nord ouest pour voir ce que ca va donner.
Etre Ecobo c’est tenter de nouvelles choses, pas forcément couronnées de succès. As-tu déjà connu des fiascos écobo ? Accepterais-tu de nous les raconter ? Est ce que devenir écobo a compliqué ta vie ?
Je pourrais parler longtemps du développement durable dans les entreprises, je pense que les plus grands fiasco sont au niveau professionnel.
Je peux aussi brièvement vous parler d’une histoire assez représentative de l’hypocrisie politique sur le sujet :
Ma tante cultive du maïs (la céréale la plus gourmande en eau, mais aussi la plus subventionnée par l’état, la PAC, l’europe, … passons) pour nourrir ses vaches qu’elle vend ensuite pour sa viande. Tout passe par une coopérative.
Ma tante avait monté un projet avec quelques autres agriculteurs pour faire de la viande labellisée avec un cahier des charges strict. Pour cela, elle devait cesser l’alimentation en granulé et utiliser sa production de maïs pour nourrir son bétail.
Elle avait déjà des acheteurs dans la grande distribution au niveau local (Leclerc), il ne lui restait plus que l’aval de la chambre d’agriculture.
Le hic, c’est que tout le maïs produit ne passe plus par la coopérative qui ne peut plus l’acheter 2 centimes et le revendre 10. Donc la coopérative perd des “vaches à lait”. La coopérative, qui est en cheville avec la chambre d’agriculture, comme partout s’est débrouillée pour que cette dite chambre ne fournisse pas le label. Plus vicieux encore, elle a annoncé aux clients de ma tante qu’elle n’aurait jamais le label …
Tout s’est un peu cassé la gueule et une entreprise prometteuse a du mettre la clé sous la porte. Tous les agriculteurs sont revenus à leurs granulés, à vendre leur production à la coopérative, … etc etc.
Tu es seul dans tes convictions ou ta moitié s’y met aussi ?
Ma moitié y est très sensible aussi, plus que moi
Quel serait le changement radical le plus fou que tu souhaiterai faire mais que tu n’oses / peux pas ?
Changer complétement de vie, partir vivre à …Tahiti !!! (NDB: vite alors parce qu’avec la montée des eaux…)
Merci Wilou !!!!




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