Mon libraire, cet écobo
Hier mon libraire me propose un sac pour emballer mon livre. Réflexe écobo de ma part :
– ” un sac ? non merci ! “.
Mon libraire a du comprendre pourquoi je refusais les sacs plastiques c’est pourquoi il a insisté :
– ” même si le sac est biodégradable ? ”
Evidemment cela a attiré mon attention et j’ai bien sur accepté ledit sac “plastique”.
Le sac en question est fabriqué sous le nom de Plastibio chez Promoplast. Ils fabriquent des sacs en PolyEthylène (PE) “traditionnels” mais aussi des sacs biodégradables et biofragmentables.
La texture du sac est différente des sacs habituels. Il est plus doux et fait moins de bruit. Il semble tout aussi résistant. Le sac est en amidon de maïs et résine de polyester “100% biodégradable et 100% compostable” (c’est ce qui est marqué dessus).
L’amidon de maïs est un “sucre” issu du maïs. Par contre la résine de polyester est issue des produits pétroliers. Elle contient du styrène, le composé odorant et toxique contenu dans le polystyrène. Mais le fabricant ne mentionne pas dans quelles proportions cette résine est utilisée. Donc pour le 100% recyclable je ne suis pas convaincue, mais quand bien même ce ne serait que 90% ce serait déjà bien.
Une étude de Carrefour et de l’ADEME démontre que ces sacs sont un pis-aller au niveau impact environnemental. Le sac en amidon de maïs est meilleur que le sac en PE au niveau du risque par abandon et de la formation de polluants (oxydants photochimiques) cependant sa fabrication est plus mauvaise en terme d’émission de gaz à effet de serre (de 40 à 60% d’impact en plus). De plus si ce sac est laissé dans la nature il entraine une asphyxie des cours d’eau 11 fois pire que celle due au sac en PE.
L’autre problème m’expliquait mon libraire c’est que ces sacs sont 40% plus chers que les autres et que les prix ont augmenté de 20% cet année, pour surfer sur la tendance. Lui est prêt à continuer de faire cet effort car selon lui c’est un effort logique quand on est un commerce de proximité.
Même si le sac en amidon n’est pas l’invention qui va tout changer, je trouve interessant de voir que les attitudes évoluent. Aujourd’hui c’est mon libraire qui modifie son comportement et par ricochet demain ce sera un autre commerçant, ou un autre client qui va réfléchir à son impact environnemental.
Mon quartier commence son écobo-évolution…




pocky on May 29th, 2006
et bé, je suis a lyon et j’ai encore jamais vu ça
kikitoul on May 31st, 2006
Je me demande pourquoi nous n’optons pas pour les sacs en papier comme on voit au USA ou chez Mc Do. Il doit certe y avoir des mauvais points aussi à la fabrication ou à la dégradation de ces sacs mais ils ne contiennent pas de dérivés du pétrôle au moins.
Alex on June 2nd, 2006
Bonjour,
Pfuuu… ça a pris le temps, mais j’ai fini de lire l’étude Carrefour – PWC (NB : l’ADEME ne s’est occupée que de la revue critique de cet Ecobilan) ! Très intéressant… "un peu" rébarbatif, mais intéressant
Même si le sujet n’est pas forcément passionnant pour tout le monde; il est vraiment d’actualité et je trouve que ça vaut le coup de s’y attarder, ne serait-ce que pour comprendre comment est réalisé un Ecobilan… Enfin bon, tout ça pour te dire encore merci pour ce très bon post qui m’aura fait sombrer un peu plus dans la folie…
Juste quatre remarques (rien que ça ! ):
– C’est toujours bien de rappeler qu’il existe une litanie de sacs dits « biodégradables » qui sont en fait dégradables / fragmentables / oxobiodégradables / etc. Même s’ils sont généralement vendus sous une même appellation, ces sacs ont des chimies très différentes et n’ont pas les mêmes « propriétés » finales ! (Voir <a href="fr.wikipedia.org/wiki/Sac… target="_blank">ici</a> et <a href="fr.ekopedia.org/Sac_plast… target="_blank"> là </a>.)
– Même si tu ne l’écris pas ; on pourrait imaginer que l’étude et les chiffres que tu reprends sont une comparaison des performances de ces 4 types de sacs / matériaux (PEHD, PEBD, papier, sac amidon). En réalité, cet Ecobilan basé sur un même service rendu (9000 litres de courses emballées par an) est plus restrictive : elle concerne les sacs utilisés par Carrefour. Certains paramètres sont donc totalement liés aux sites de production, aux types de sacs achetés, etc. Ainsi, par ex, ils comparent des sacs de volumes différents, arrivant de différents points de la planète, etc. Ca ne retire rien à la valeur de cette étude, j’écris juste ça pour préciser que ces valeurs ne sont pas généralisables aux matériaux…
– Je suis tout à fait d’accord avec ton dernier paragraphe… Je dirais même que le sac amidon « n’est pas » la solution. Car s’il se généralise, le risque d’utilisation d’OGM va augmenter ; comme le rythme de la déforestation, de la consommation de gasoil (engins agricoles, transport, etc.), d’engrais, de produits phytosanitaires, etc.
– Enfin, ça aurait été bien de dire que la conclusion de l’étude est que le SAC REUTILISABLE est la meilleure solution en terme d’impact (après 4 à 7 utilisations selon les hypothèses)… La solution ne semble donc pas résider dans une amélioration de la technologie, mais tout simplement dans un effort de tout un chacun…
Lukka on June 3rd, 2006
J’en avais entendu parler à la télé. C’est impressionnant de vois tout ce qu’ils font déjà. Juste il est "triste" de savoir que c’est du fait de l’augmentation du prix du pétrole, et non pas soucis écologique, que la recherche a enfin de l’aide et des débouchés.
Alex, je suis d’accord avec ta troisième remarque. Souvent, on oublie que le produit dit moins polluant est issu d’un système qui, lui, est néfaste. Tu fais bien de le rappeler (j’aurais presque oublier).
Et pour ta quatrième remarque, je ne prends désormais plus aucun sac (papier ou plastique) chez aucun commerçant (à l’exception des primeurs qui font de la résistance). J’ai mon sac monop’ pour les petites courses et mon caddie de vieille pour les grosses. A la pharmacie, je m’offusque que l’on me remette ma miniscule boîte d’aspirine dans un sac plastique. J’ai de la place dans mon sac ou dans mes poches !
PS : pour tes deux premières remarques, je suis loin d’avoir encore le niveau pour tout comprendre. Mais j’y travaille
fredoche on June 14th, 2006
SUr le principe je suis d’accord pour utiliser des sacs moins polluants. Mais pourquoi ne pas commencer par utiliser UNIQUEMENT les sacs dont on a besoin? Là tu précises que tu n’avais pas forcément besoin du sac puisque tu aurais pu faire sans… Ca me semble débile de mettre un sac de plus en situation si on en a pas besoin. Car si ils en distribuent moins, ils en produiront moins aussi (de sacs) et ce sera tout gagné pour la planète.